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LA BLESSURE DU SPORTIF

 

Claire APIOU, psychologue, traite des aspects psychologiques de la blessure.


Tout sportif est un jour confronté à la blessure: mais si les blessures n'ont pas toujours les mêmes incidences du doigt tordu qui est sensible quand on reçoit une balle, à la blessure qui provoque l'arrêt complet de la pratique, les causes sont parfois différentes elles aussi

Qu'est ce qui peut être à l'origine d'une blessure ?  blessure

La mauvaise préparation physique, l'agressivité de l'adversaire, le terrain trop dur, la malchance... Les causes psychologiques ne sont pas toujours bien cernées. Or tout le monde a au moins expérimenté le rôle du mental ou du moral sur la sensibilité à la douleur: dans le feu de l'action un joueur peut ne pas se rendre compte d'un coup qu'il reçoit et s'aperçoit à la fin du match qu'il a un bel hématome. En revanche, lors d'un match difficile ou il ne joue pas bien, le moindre coup sera insupportable. Les états affectifs modifient donc la sensibilité à la douleur. Dans le sport quand on est moins motivé, on est plus sensible à la douleur. On peut faire ici un lien entre le corps et le psychisme. 

 

  • Généralité sur le lien corps et psychisme:

Notre énergie intérieure, la libido, doit trouver à s'exprimer d'une façon ou d'une autre. Quand cette expression est réprimée, ou quand elle rencontre des obstacles, les pulsions sont bloquées, refoulées, cela va se traduire par des difficultés psychologiques. Ces difficultés vont, à leur tour, se traduire par des désordres relationnels, soit par des atteintes fonctionnelles ou organiques, les unes n'excluant pas forcement les autres.
On va alors compenser ces problèmes psychologiques par une somatisation (conversion de troubles psychiques en symptômes concernant le corps). On a tous plus ou moins recours à la somatisation. Elle intervient quand le sujet ne peut exprimer sa souffrance psychologique soit parce qu'elle est inconsciente, soit parce qu'il se l'interdit. Le corps prend alors le relais pour exprimer cette souffrance. Ce qu'il faut savoir, c'est que les malades peuvent ressentir la douleur même si la source de ces plaintes est psychologique. Même si ce n'est "que" psychologique, ce n'est pas rien, cette douleur à une cause impalpable. On pourra venir à bout de ces maux seulement si on permet au sujet de s'exprimer avec ses mots.

 

  • Chez le sportif:

Ce que l'on retrouve généralement dans le sport.                                                   
 - Des sportifs qui se servent du sport, de la compétition pour maltraiter leur corps, pour se faire mal... On n'a pas toujours conscient de ce processus  .
 - Des blessures qui peuvent être directement liée aux difficultés psychologiques : stress; problèmes sentimentaux, conflit intérieur...    
 - Beaucoup de sportif connaissent le mal de ventre qui précède une compétition .      
  - Des plaintes corporelles sans traces organiques. Quand quelqu'un va voir le kiné alors qu'il n'a rien, c'est qu'il y a quelque chose à un autre niveau, comme par exemple une baisse de motivation. Derrière une demande de soin corporel, il peut y avoir une autre demande: celle de l'aider à exprimer ses difficultés qui peuvent être inconscientes. L'échange verbal est important. Le sportif peut avoir besoin d'exprimer ses peurs pour se sentir réconforté et être plus performant.


Pour les blessures, le psychisme va, en général, profiter d'un terrain favorable au niveau du corps pour s'exprimer. Par exemple, un joueur qui a une faiblesse anatomique ou physiologique au niveau d'une articulation ou d'un muscle, va se servir de cette faiblesse, cela inconsciemment, c'est à dire qu'au moment ou cela ira moins bien, le genou va lâcher ou bien se sera un claquage à la cuisse.

Il y a bien dans ce cas une cause organique, mais aussi une cause psychologique !!!

 

  • Les fonctions d'une blessure:

Il ne faut pas dire qu'il y a toujours une raison psychologique à toute blessure, mais très souvent une blessure a une fonction et il est intéressant de pouvoir s'interroger sur celle-ci:

  - Un blessure peut intervenir suite à une baisse de motivation. Dans ce cas précis, on est moins concentré et on se blesse plus facilement, mais surtout la blessure peut signifier inconsciemment qu'on a envie de s'arrêter. 
  - La blessure peut être un moyen de réaliser un désir inconscient d'échec. Il y a des joueurs qui se blessent toujours au mauvais moment, la veille d'une finale par exemple.
  - Un joueur peut, inconsciemment ressentir une culpabilité, à l'idée de dépasser quelqu'un. Ce quelqu'un n'est pas toujours un adversaire direct, mais ce qu'il représente dans l'inconscient du sujet.
  - Quand un sportif fait une activité parce que ça correspond au désir de l'un des parents mais que lui-même n'est pas réellement motivé, il va être partagé entre vouloir faire plaisir à son parent et arrêter. Ce conflit s'exprime soit par le corps soit par des contre-performances. Une blessure lui permettra d'arrêter sans culpabiliser vis à vis de son parent.
D'autres sportifs vont avoir de petites blessures sans importance mais fréquentes. Psychologiquement, ils ont besoin de se plaindre ce qui n'est pas à négliger parce qu'il y a forcement une raison à cela. La relation avec le kiné est très importante pour eux, car c'est un moyen d'exprimer leurs problèmes.

 

  • Conclusion;

Bien évidemment, toutes les blessures ne sont pas liées à une cause psychologique, chaque situation est différente. Il est cependant certain que l'inconscient a parfois recours au corps pour s'exprimer. Il ne faut pas hésiter à profiter de la pause générée par la blessure pour inciter le sportif à se questionner sur son investissement dans le sport et la compétition. 

 

L'autre regard sur la blessure; Claire APIOU, psychologue

 

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