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LA NICOTINE

 

 

 

Ah… La nicotine… pour reprendre l’adage populaire, « si proche et pourtant si loin ». On en parle tout le temps : Danger du tabac, cigarettes allégées, patch à la nicotine, gommes à la nicotine… Elle est partout… Même dans le sport. Il nous a donc semblé intéressant de regarder dans la littérature scientifique mondiale ce qu’il en était réellement !

 

La nicotine est un alcaloïde (soluble dans l’alcool) présent à 5% dans la feuille de tabac mais aussi, dans de nombreux autres végétaux…

La nicotine est un agoniste des canaux ioniques, le récepteur de l’acétylcholine. Elle a donc pour effet d’activer les canaux et d’entrainer de nombreux effets (notamment sur les systèmes cérébraux noradrénergique et dopaminergiques ainsi que sur les récepteurs du corps muscles en particulier).

Faisons donc ensemble un point sur les effets REEL sur le corps.
Le premier et certainement celui qui conditionne la prise de cette substance, est l’effet de psychotrope. La nicotine stimule le système nerveux… quelques secondes seulement après sont incorporation. C’est cette dernière qui provoque une sensation de bien être si rapide et assimilé au geste lui-même ! Elle va ainsi provoquer une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque (Mesuré entre 10 et 15 battements par minutes).
De plus une très forte libération de l’adrénaline est sécrétée… Nous y reviendrons. Pour finir, elle a la faculté… De réduire l’appétit ! Voilà donc pourquoi l’arrêt de celle-ci provoque la prise de poids !
Voilà donc les effets bénéfiques, ceux recherchés par les consommateurs. Passons donc à ceux, moins glorieux, qui induisent un danger pour notre organisme, les effets délétères.

A forte  dose, la nicotine provoque des nausées et des vomissements (conséquence de la perte d’appétit).  Et là, les choses ce compliquent… Ces vomissements  peuvent s’aggraver en paralysie des voies respiratoires entrainant la mort de l’individu (Aux alentours de 0,5 à 1 mg/kg de corps).
Ensuite on retrouve les effets classiques de TOUTE dépendance (Palpitations, Irritabilité, Insomnies, diarrhée, malaises, vertiges, sécheresse buccale…) Et pourtant…

Oui et pourtant! Car la dépendance a depuis des années était considérée comme LE problème de la prise de nicotine, induisant une assujettisassion du consommateur le conduisant à une mort certaine… Mais cette dépendance est pourtant à l’heure actuelle à mettre  au conditionnel, car elle est de plus en plus soumise à controverse… Sujet à suivre donc ! (1)

A la vue des effets positifs et des effets délétères on en arrive donc à se demander si la cigarette est bonne pour le sportif ?

La réponse est claire et sans le moindre appel : NON !

Notamment  à cause du monoxyde de carbone (et des goudrons) qui vont se fixer sur l’hémoglobine (avec une affiliation 120 fois plus forte que l’oxygène…) et qui va réduire la quantité d’oxygène disponible. La performance aérobie est donc diminuée !

Or, aujourd’hui la cigarette n’est pas la seule source de nicotine commercialisée… Gommes, pastilles, patch ou sachets (le « snus » dans les pays nordiques) et bien d’autres !

Essayons de corréler ses résultats avec l’usage de la nicotine dans le milieu sportif.
Dans les années 90, une étude révèle que 26% des joueurs de football américain « chiquent » du tabac (utilisation de celui-ci par contact buccal direct). Lorsqu’on s’intéresse aux joueurs de baseball sur la même période… C’est 52% des joueurs qui en consomment… Historiquement, la chique n’était utilisée que sur les terrains poussiéreux… Elle impliquait une sécrétion salivaire importante qui permettait dès le début du 20ème siècle de garder la bouche humide. Elle s’est peu à peu démocratisée pour devenir courante. Cette pratique est donc bien présente outre-Atlantique ! Mais pas seulement…

Les pays du nord, Suède en tète sont de très gros consommateurs eux aussi de la chique. Sous forme de sachet (type sachet à thé), ou directement sous forme de tabac aromatisé et humidifié à placer sous la langue ou dans le vestibule dentaire.

Pour aller plus loin à ce sujet, on sait que lors de l’inhalation, près de 100% de la nicotine absorbée passe la paroi pulmonaire pour atteindre le sang, après seulement 8s… Quelle importance me direz-vous ? Et bien le sang des poumons va directement jusqu’au cerveau et ceux sans dilution ! La fréquence d’inspiration (qui dépend de nombreux facteurs notamment l’effort et le stress) peut donc induire une surdose momentanée de nicotine créant les effets néfastes précédemment évoqués. Cette méthode porte le nom scientifique de dopage TNF.

Pour la chique, la technique est bien différente ! Le sang des gencives et des joues passe par le cœur puis se diffuse dans l’ensemble du corps. L’assimilation va donc être progressive… Les effets vont donc arriver entre 60 à 120 secondes ((scientifiques helvétiques, Laurent Rivier et Martial Saugy (Unité d'analyse du dopage de Lausanne)). Cette progressivité permet donc au corps de s’adapter !  Il est donc parfaitement possible de supporter une dose très importante qui pourrait être gênante avec la méthode de fumée. De ce fait, on peut donc chiquer sur une durée très longue !

Lors du « concours médical » du 20 février 2007, le professeur Gilbert Lagrue, du centre de tabacologie de l’hôpital Albert-Chennevier de Créteil ( Val de Marne) nous dis :

« L’usage du TNF est fréquent dans certains sports nécessitant adresse et précision aux Etats-Unis et en Suéde. Aux Etats-Unis le TNF est utilisé dans le basket, le baseball… En Suède, il est surtout consommé dans toutes les disciplines du ski (du slalom au biathlon…).
Par contagion, cette pratique s'est répandue en France chez les skieurs de compétition, puis dans les écoles de ski et parmi les adolescents des régions montagneuses.
Le TNF est ainsi utilisé dans des sports où les qualités d'adresse, de précision, de vitesse des réflexes et d'orientation spatiale sont indispensables. Ces sportifs bénéficient des effets positifs de la nicotine, sans avoir les inconvénients de la fumée du tabac. »
Pour corréler avec les rumeurs, il faut bien avouer que les études à long thermes menées dans les pays nordiques sur le risque de cancer  donnent là encore raison aux « chiqueurs »… La chique augment le risque de cancer de manière peu significative (ce qui n’est absolument pas le cas de la fumée !) Plus étonnant encore ce résultat ce retrouve sur les cancers de la bouche…
Mais la chique et la fumée ne sont pas le seul mode d’administration de la nicotine… En effet, il est possible d’utiliser toutes les nouvelles techniques ayant pour but… d’aider à arrêter de fumer! Patch anti tabac, Gommes à la nicotine et j’en passe… Pour finir, si l’on jette un œil dans nos livres d’histoire, on retrouve chez de nombreux marins et à la cour de France (Catherine de Médicis), une pratique oubliée… Priser le tabac. Il s’agit de moudre très finement le tabac (parfois de l’aromatiser) et de le prendre par la narine…

On se rend donc bien compte que les modes d’administration de la nicotine sont presque aussi nombreux que ses adeptes!!
                           
Voilà donc pour faire bref… Les sportifs ont usage de prendre la nicotine sous toutes ses formes pour son effet sur les performances. Et les résultats des études scientifiques semblent aller en ce sens. Sans en encourager la pratique il parait clairement que la littérature à au moins le mérite de jeter un pavé dans la mare… Une affaire à suivre ! Avec espérons le des études à long thermes pour nous en dire plus sur les effets de ses pratiques !

Quoi qu’il en soit, il nous parait clair que cette attitude rentre dans le cadre d’une conduite dopante ! Pour aller dans ce sens, l’AMA (Agence Mondiale Anti dopage) a pour intention d’ajouter la nicotine à sa liste des substances interdites, au même titre que l’alcool ou le cannabis. La nicotine aura quand même fait les beaux jours de nombreux sportif à travers le monde !

 

 

1 - Dépendance à la nicotine : Critique d'une théorie ; Hanan Frenk et Reuven Dar, préface du Pr Robert Molimard; Paris, Belles Lettres, 2005 ; Traduction de A critique of nicotine addiction, Kluwer, 2000

 

 

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